When I was a kid, I wanted to be an astronaut but also an author. In fact, before I had my dreams of becoming an author, I wanted to be a poet. I was obsessed with French 19th Century poets like Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire and Paul Verlaine. When I was around 9 or 10 years old, I scraped together my pocket money, went to the flea market, and bought a limited and numbered edition of Sagesse by Verlaine. It cost me, back then, 100 Francs. I still have it to this day, it smells the way an old book should and has prints inside, too. With time, Verlaine’s poetry became too superficial to me, but I explored the depths of Rimbaud’s words – I still remember some of the poetry by heart, one of my favorites being Le Dormeur du Val – and later discovered the beauty and simplicity of a more recent poet’s words: Jacques Prévert. Prévert doesn’t use big words, but he uses repetition a lot, and light-hearted bittersweetness, like a grumpy old grandfather with a very soft heart.
Barbara
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N’oublie pas
Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et desolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.


November 9th, 2009 → 5:24 pm @ girl
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